Réflexions, par Nadine :

Les mots de certaines personnes, quand elles parlent au plus près
d'elles-mêmes, de leur art, de leurs réflexions, me font comme si elles
parlaient de danse...

C'est le cas de Christiane Rochefort dans « C'est bizarre l'écriture »,
de François Roustang dans « La fin de la plainte », ou encore de Fernand
Deligny dans « A propos d'un film à faire », de Renaud Victor, film
sobre et magnifique que j'aimerais partager avec vous un jour...

Voilà par exemple quelques mots de Deligny (je ne connais pas leur source) :

«La bêtise n'est jamais muette, ni aveugle. Si bien que le problème
n'est plus de faire que les gens s'expriment, mais de leur ménager des
vacuoles de solitude et de silence à partir desquelles ils auraient
enfin quelque chose à dire. Les forces de répression n'empêchent pas
les gens de s'exprimer, elles les forcent au contraire à s'exprimer.
Douceur de n'avoir rien à dire, droit de n'avoir rien à dire, puisque
c'est la condition pour que se forme quelque chose de rare ou de
raréfié qui mériterait un peu d'être dit.»

Réactions d’Andréine :

Roustang et Deligny ont ceci en commun de chercher du côté du langage
non verbal.

J'ai aussi découvert Deligny récemment par quelqu’un de sa trempe,
et c'est comme si un manque, un vide vibrant se comblait pour moi.

Que le Del ait réussi à faire cette œuvre de philosophie pratique, à travers la vie
commune avec les délinquants puis les autistes, me tient chaud au cœur : savoir
que c'est possible d'être pleinement avec ceux que la société relègue, et qu'ils
prennent leur vie en mains. Le silence, Deligny l'a mis en œuvre, et ce silence-là
travaille au corps et à l'esprit, comme un miroir lucide et bienveillant.



Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés