Je reviens d'une nuit de rêve et de travail.

Je poursuis la réflexion ébauchée dans mon mail sur l'atelier « Tension et créativité » en précisant autant que faire se peut ma position « dans l'histoire ».

Le séminaire londonnien « Science computationnelle et créativité » a été une bouffée d'air frais pour moi : lorsque l'art s'allie à la science, les questions deviennent plus importantes que les réponses, qui n'ont de sens que si elles ouvrent l'espace à d'autres questions.

Dans la salle, j'ai vu des artisans, qui soumettaient le fruit de leurs efforts, et un public sensible à l'honnêteté du travail. L'émotionnel reprenait sa place au lieu de l'envahir.

En voici quelques touches, évanescentes, que j'ai pu cueillir au vol comme on va à la pêche au filet. Seul ce qui émergeait à la surface de l'eau sous un angle visible pour mon regard m'a été accessible.

Ces quelques prises allaient dans le sens de ma propre recherche par le choix des mots, tout en donnant une lisibilité nouvelle par leur ordre ou leur relative proximité.

Par exemple : « nécessité pour la chose juste ». Deux concepts mis ensemble de façon si sobre que l'on réalise que l'un ne peut aller sans l'autre.

Allier signature et humanité : la Vallée des Merveilles montre des graffitis de l'Age du Bronze, vénérés, et quelques graffitis plus récents, considérés comme du vandalisme. Malgré moi, à la lisière extérieure du site protégé, protégée moi-même de l'orage, je n'ai pu m'empêcher de graver. C'était juste irrépressible, « fondemental ». Visible ou invisible, la signature a besoin de s'inscrire, fusse-t-elle à travers le secret.

Cerner le minima pour ouvrir au maxima : sept mots qui résument trente ans de recherche. Le minimum nécessaire et suffisant jamais définissable. Espace minimal(iste) indisséquable ?

Discerner créativité et amélioration : le Vijnana Bhairava du Shivaïsme cashmirien traite de cette question délicate avec la fulgurance de « l'épée de diamant » et laisse la coupure vivante.

Un « système qui trouve des choses intéressantes » réveille de l'ennui, de la stagnation stérile et autosatisfaisante.

Finir une œœuvre par l'incomplétude : le seul compromis valable à mes yeux aujourd'hui.

Andréine
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